Bonjour,
La question de l'alimentation durable est complexe, c'est pourquoi il nous a paru nécessaire d'y consacrer tout un ouvrage, qui bouscule parfois les idées pré-établies.
Après avoir rappeler que la meilleure alimentation était bio, locale, de saison, et souvent végétarienne, il aurait fallu que j'ai effectivement le temps de dire que même les "locavores" peuvent bénéficier d'une exception "Marco Polo" (poivre, café, chocolat, banane...), et que lorsqu'on souhaite consommer un aliment venant de loin, autant qu'il soit bio et/ou issu du commerce équitable et d'une biodiversité domestique riche. Consommer des bananes plantains bio, venues par bateau n'est pas forcément "anti-écologique". Le transport en bateau génère beaucoup moins de gaz à effet de serre qu'un transport en camion, par exemple (ce qui peut poser la question de produits, à sonorité plus locale, venant de moins loin par ce mode de transport). En outre, la biodiversité des bananes est mise à mal par la sur-représentation de la banane Cavendish sur le marché mondial, alors qu'il en existe plus de 1000 espèces. Proposer une recette utilisant un autre type de banane est l'occasion de parler de ces différentes problématiques. Et l'on voit à quel point cela est efficace... Il s'agit de l'unique recette utilisant un aliment "exotique" (sauf une recette de gâteau au chocolat, pour d'autres raisons, mais je ne vous en dit pas plus...). Aucune recette n'utilise de quinoa : cette légumineuse a créé un tel engouement sur le marché mondial qu'elle est désormais inaccessible aux paysans dont elle était autrefois la nourriture de base.
Je ne peux que vous conseiller de lire "Planète Cuisine" pour en savoir encore plus sur cet univers passionnant, encore trop mal connu, de l' "écogourmandise".
Gaëlle Bouttier Guérive